Aquarelle "Kim Phuc Phan Thi ou La Petite Fille au Napalm"
Translation in english coming soon.

J'ai vu la photo de Nick Ut, "Napalm Girl", pour la première fois lorsque j'étais jeune adolescente, dans un livre d'Histoire et de Géographie. C'était en cours, c'était étrange de ressentir toute l'horreur qui émanait de cette image et de devoir rester silencieuse sur ma chaise. Le visage déformé de ce garçonnet par ce qu'on devine être de la terreur, de la peur. La guerre et son aura nauséabonde. Puis cette petite fille, les bras écartés semblables à des ailes d'ange, hurlant elle aussi à cause du napalm. Je ne comprends pas immédiatement de quoi il s'agit, je trouve que le nom a une sonorité intéressante. Je ne comprends pas non plus pourquoi elle est nue contrairement aux autres autour. Il est question de brûlure, et pourtant je ne vois pas de feu. J'apprendrai que le napalm est une autre invention vicieuse de l'être humain pour quand il veut anéantir. C'est une substance qui colle aux objets et aux individus qu'elle touche et qui inflige des brûlures atroces. Sur la photo, les vêtements de la petite fille ont été atteints et elle a tout juste le temps de les enlever pour limiter le désastre ; mais il est trop tard. 20% de son corps est brûlé.

 

Phan Thi Kim Phuc est son nom, et ce n'est que tout récemment que je l'ai su. Je n'avais aucune idée qu'elle était en vie ; j'ai presque failli en pleurer. J'ai été heurtée par la distance que les photographies de guerre, proprement imprimées dans des livres, pouvaient générer. Je me demande souvent ce qu'est devenu le garçon à la bouche grande ouverte, au premier plan. 

 

Une fois que j'ai connu l'identité de la petite fille au napalm, ça a été comme obsessionnel. J'ai lu et encore lu des articles, j'ai regardé des photos d'elle maintenant, pendant le drame, après. Presque tous les jours en attendant d'en faire quelque chose. "Mais qu'est ce que je peux dessiner à la hauteur de ce que je ressens ?", c'était profondément frustrant. Je ne pourrais pas décrire toutes les émotions qui m'ont traversées, elles étaient trop abstraites et viscérales. Au début, et comme souvent dans ce qui m'agrippe la cœur en premier, c'est la brutalité. La violence de ce que cette enfant avait vécu et qui se devait d'être dit, encore et encore. Puis, en parcourant beaucoup de photographies récentes de Phan Thi Kim Phuc, je me suis rendue compte qu'elle souriait sur la plupart d'entre elles, et que c'était peut-être ça, cette fois-ci, qu'il fallait retenir.

Alors, j'ai privilégié la douceur.